Beaucoup de gens finissent par chercher la liste des remboursements sécurité sociale parce que, franchement, on ne sait jamais exactement ce que la Sécu va prendre en charge… et ce qui va rester dans notre poche. Entre la Base de Remboursement de la Sécurité Sociale (BRSS), les différents pourcentages et tous ces petits forfaits qui s’ajoutent, c’est vite un vrai casse-tête. Voici un décryptage clair, à jour et concret, pour que vous puissiez anticiper vos frais sans mauvaise surprise.
La BRSS, cette référence qui change tout
En fait, tout repose sur la BRSS. C’est le tarif officiel fixé par l’Assurance Maladie pour chaque acte : consultation, analyse, hospitalisation, prothèse… Peu importe ce que le praticien vous facture vraiment, la Sécu calcule son remboursement sur cette base-là. On l’appelle aussi tarif de convention.
Le principe est simple : on applique un taux (70 %, 60 %, 80 %…) à cette BRSS, puis on retire la participation forfaitaire de 2 € (pour les plus de 18 ans, sur les consultations médicales, radios et analyses). Résultat : vous touchez rarement 100 % de ce que vous avez payé.
Exemple tout bête. Une consultation chez votre médecin généraliste de secteur 1 : la BRSS est de 30 €. La Sécu rembourse 70 %, soit 21 €, moins les 2 € de participation forfaitaire. Vous récupérez donc 19 €. Il vous reste 11 € à payer… et encore, seulement si le médecin ne dépasse pas le tarif. En secteur 2, les dépassements d’honoraires tombent intégralement à votre charge (ou à celle de votre mutuelle).
C’est exactement pour ça que comprendre la BRSS aide à choisir une bonne complémentaire santé. Elle sert de référence aux mutuelles aussi : quand elles disent « 100 % BRSS » ou « 200 % BRSS », c’est sur cette même base qu’elles interviennent.
Les taux de remboursement selon les soins : un aperçu concret
Les pourcentages varient selon le type de prestation. Pour les consultations chez les médecins et sages-femmes, on est le plus souvent à 70 % de la BRSS (parcours de soins coordonnés respecté). Chez les chirurgiens-dentistes et la plupart des auxiliaires médicaux (kiné, infirmière, orthophoniste…), ça descend à 60 %.
L’hospitalisation est mieux prise en charge : 80 % sur les frais de séjour, la salle d’opération et les honoraires. Les analyses de laboratoire tournent autour de 60-70 % selon le type d’acte. L’imagerie (radio, écho, mammographie…) suit souvent le même rythme, autour de 70 %.
Côté médicaments, ça dépend du « service médical rendu ». Les plus importants sont remboursés à 65 %, les modérés à 30 %, et certains produits vraiment irremplaçables et coûteux à 100 %. Attention toutefois : en 2026, plusieurs traitements de confort ou de prévention ont vu leur taux baisser, voire ont été exclus du remboursement. Vérifiez toujours avec votre pharmacien ou sur votre compte ameli.
L’optique et les appareils auditifs sont remboursés à 60 %… mais sur des bases très basses. Une monture de classe A part sur une BRSS d’à peine quelques euros, pareil pour les verres. Du coup le reste à charge explose vite sans mutuelle. Même logique pour le dentaire : couronnes, bridges, prothèses… les taux tournent souvent autour de 60 %, et les prix réels sont bien plus élevés. L’orthodontie enfant bénéficie parfois d’un 100 % sur la BRSS, mais là encore le vrai coût dépasse largement.
Transports sanitaires et cures thermales ? Plutôt 55-65 % selon les cas. Et pour les grands appareillages (prothèses, fauteuils roulants…), on peut monter à 100 % dans certains cas.
Le reste à charge : pourquoi il faut souvent une mutuelle
Le ticket modérateur, c’est la part que la Sécu ne prend jamais. Ajoutez la participation forfaitaire de 2 € (plafonnée à 50 € par an et par personne) et les franchises médicales (environ 1 € par boîte de médicament ou acte paramédical). Ces franchises et participations, les mutuelles « responsables » ne peuvent pas les rembourser.
Concrètement : une consultation simple peut vous laisser 10 à 20 € de reste. Une couronne dentaire ? Plusieurs centaines d’euros facilement. Une hospitalisation de quelques jours ? Le forfait journalier de 20 € par jour reste à votre charge, sans parler de la chambre particulière ou des dépassements.
C’est là que l’assurance santé devient précieuse. Une bonne mutuelle prend en charge ce ticket modérateur (souvent à 100 % ou 200 % de la BRSS selon le niveau de garantie) et une partie des dépassements. Mieux : avec le dispositif 100 % Santé, pour l’optique, le dentaire et l’audioprothèse dans les paniers éligibles, vous pouvez viser zéro reste à charge… à condition que votre contrat soit labellisé et que vous choisissiez les équipements du panier responsable.
Ce que la Sécurité sociale ne rembourse pas du tout
Honnêtement, il y a toute une catégorie de soins qui passent complètement à la trappe. Tout ce qui n’est pas inscrit à la nomenclature officielle (NGAP ou CCAM) reste à 100 % à votre charge.
Les médecines douces en font partie : ostéopathie, chiropraxie, acupuncture (sauf si réalisée par un médecin conventionné dans certains cas), sophrologie, naturopathie… La Sécu ne les reconnaît pas. Pareil pour la chirurgie esthétique pure (pas reconstructrice après cancer ou accident), les opérations réfractives type LASIK, les blanchiments dentaires, ou encore les certificats médicaux pour le sport, le permis ou les armes.
Certains compléments alimentaires, même prescrits, ou des traitements de confort récents ont aussi été déremboursés ou très fortement minorés. Et puis il y a tous les actes « hors parcours de soins » : si vous consultez un spécialiste sans passer par votre médecin traitant, le taux de remboursement peut chuter à 30 % sur la BRSS.
Du côté des mutuelles, beaucoup proposent des forfaits annuels pour ces soins non remboursés (150 à 400 € par an selon les contrats). C’est souvent la seule façon d’alléger un peu la facture sur l’ostéopathie ou les séances de psy hors dispositif Mon Soutien Psy.
Comment bien s’y retrouver et choisir sa mutuelle sereinement
Le plus concret, c’est de regarder vos vraies dépenses des 12 derniers mois. Vous consultez souvent ? Vous avez des besoins dentaires ou optiques réguliers ? Des enfants en cours d’orthodontie ? Ou plutôt des séances d’ostéo tous les mois ?
Une garantie à 100 % BRSS suffit généralement pour les soins courants si vous restez chez des praticiens secteur 1. Pour le dentaire, l’optique ou l’audio, il faut souvent viser plus haut ou des forfaits dédiés. Les contrats avec renfort hospitalisation et prise en charge des dépassements font une vraie différence quand on vieillit ou quand on a des pathologies un peu lourdes.
Le point important : comparez toujours sur des exemples qui vous ressemblent, pas seulement sur le prix de la cotisation. Et n’hésitez pas à simuler avec votre situation précise (âge, composition du foyer, besoins réels). Parce qu’au bout du compte, une bonne assurance santé, c’est celle qui vous permet de vous soigner sans vous demander tous les mois si vous allez pouvoir vous le permettre.
Si vous voulez creuser un poste de dépense en particulier (dentaire, hospitalisation, médecines douces…) ou comparer des contrats adaptés à votre profil, dites-moi où vous en êtes. Je vous aide volontiers à y voir plus clair, sans prise de tête. Prendre soin de sa santé, c’est aussi anticiper ces remboursements pour avancer l’esprit tranquille.